3.

Armée de mon cahier multicolore
De mes insignifiants crayons
De mon ridicule clavier
De mes pensées trop libres

Je suis en quête de vision
D’alliances des races haineuses
Des ponts fragiles de dentelle
Ainsi commença l’agonie

Comme les notes blanches
De ce piano qui persifle

Chacune dans nos bulles sacrées
Nous ouvrons à l’autre
Ces secondes intimes
Nous partageons nos petites morts

Encore des mélodies angoissées
Afin de valser avec les esprits poèmes
Pour se garder en transe fiévreuse
Être à vif dans nos douleurs littéraires

Des notes frivoles gloussantes de rire
S’élancent sur nos patinoires meurtries
Afin d’y faire une chorégraphie rêveuse
Ainsi se nourrissent les poètes maudits

Qui dans nos brumes éthyliques à venir
Donneront une twist dangereuse
Aux confidences de ces tziganes du verbe

Graver des crânes
Pour donner la vie derrière le verre
Emmurée à jamais
Comme une mémoire
Qui s’enfume dans un contact tordu
Des promesses de bois polis
Ou la fumée héréditaire des ski-doo neufs

Manquer de gaz
juste avant d’arriver à la tink

fuir
encore plus fort
que les tourments
aux yeux bleus

Fallait pas monter dans l’escalier interdit
Qu’ils disaient du haut de l’escalier

tourne et
         tourne et
                  tourne et
                           tourne et
                                    tourne et

noie-toi
dans mes baisers
fais une croix
sur mes promesses
je me permets d’exister
comme je fucking veux
queer – sale – mortifié.e – seul.e – b r i s é.e

par terre
où j’appartiens

je bouille de ne savoir comment
parmi tous les titres
et les agressions
les bras tranchés

par terre
où je ne cesse d’appartenir

les genoux au sang
en toute liberté
celle de ne s’en donner aucune

Je sens battre les deux cœurs de mes identités
Ils cherchent l’harmonie des beats,
Longtemps ils se sont combattus
Blessés et cicatrisés à vie

Alcool + écriture, alcool + écriture, alcool + écriture. Une équation à respecter, un code fiable. Tequila Bang-Bang. Rhum and coke. Drette dans le trou. L’état d’ébriété a pour résultat une poésie dark and twisted nourrie de notre souffrance commune comme une bibitte qui sommeille en nous, une envie de décâlisser les portes barrées, de monter dans les escaliers interdits, vient engourdir notre douleur. Se mettre à risque. Maudire les autres. Se garrocher l’un vers l’autre pour se battre juste pour le fun. Because I’m too drunk right now.

Moi, j’veux qu’on se batte
Dans une piscine de jell-o
Avec des gants de plumes
Et des armures de verre

Je veux qu’on se lance des insultes
En compote de pommes
Des injures de barbe à papa
Et qu’on attable nos peurs
Comme à une table de pool
Qu’on sorte les bâtons
Qu’on se heurte les uns aux autres
Qu’on fracasse nos couleurs
Qu’on unisse nos boules
Consentantes
Avant de tomber dans des trous
Qui ont tout à apprendre

Qu’on apprivoise la noirceur

Sébastien Bérubé

Mo Bolduc

Maya Cousineau Mollen

Francis Paradis