Caroline Albert. Entre tes mains

Photo : Jocelyne Vautour

Pour toi
Mon sang est comme de l’encre
Que tu prends plaisir à utiliser
Sans scrupules
Tu te sers de moi
Comme si j’étais un jouet
Dont on se débarrasse au bout de quelques semaines
Qu’on achète pour faire plaisir
En sachant très bien
Que c’est seulement une phase

Pour toi
Mon cœur n’est qu’une machine à sentiments
Que tu dérègles au quart de tour
Pour ensuite me demander si je t’aime
Tu te fous de ce que je ressens
Parce que de toute façon ce n’est pas important
Et le pire dans tout ça
C’est que mon cœur
S’est attaché à toi

Tu dis que tu aimes mes courbes
Et mes quelques livres en trop
BULLSHIT
Je t’entends
Quand tu dis que je devrais perdre quinze livres
Pour que tu n’aies pas honte
Quand je porte des vêtements serrés
Mais devant moi
Je suis la plus belle

Tu aimes quand je ris
Donc tu passes ton temps
À me raconter des blagues
Je pense qu’on rit de la même chose
Mais tu te moques de moi

Tu dis que je suis gentille
Car j’obéis
À tout ce que tu me demandes
Mais en réalité
J’ai peur de ta réaction
Tu me cries des mots
Et tu deviens violent
Pour me protéger
Je dis simplement oui

J’ai le goût de te dire
Que tu es un profiteur de la vie
Qui ne lève même pas
Le petit doigt
En reconnaissance
De ce qu’on fait pour toi

J’ai essayé de m’enfuir
Le plus loin possible
Pour m’échapper
De tes griffes
Pour peut-être un jour
Retrouver ma liberté
Celle que j’ai perdue
En plaçant mon cœur
Entre tes mains

 

Caroline Albert
Texte publié dans le No.22 Libéré(e)s sur parole : la récidive