Michel Pleau. Peut-être un poème d’amour

XX.2453 Eugénie Gallant. Collection : Musée acadien de l’Université de Moncton

 

 

Eugénie Melanson
Toi dont la photo traversa les années
Pour me faire signe

Herménégilde Chiasson

 

ta nuit n’est plus la nuit
mais une accumulation d’étoiles

pourtant la lumière ne connaît qu’elle-même
et recommence chaque jour
l’étrange sculpture du feu

une à une
dans l’envers des choses
tes vies s’entassent
plus hautes que nous

sur la photo
derrière l’exil
tu souffles dans nos oreilles
la brûlure du réel

nous prenons le temps de laver ta mémoire
avec nos voix

nous sommes nombreux
dans la rêverie de ne pas t’avoir connue
nous voudrions te porter en nous
même si parfois cela ne tient debout
que dans un étrange éloignement

pour peindre à nouveau ton visage
il faudrait arrondir le désordre

mais l’étoile errante dans tes yeux
va-t-elle un jour nous quitter ?

 

Michel Pleau

Texte publié dans No 15. Chemins de vers. Poésie

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