Paul Ruban. Les îles noyées.

Image tirée du film Going Back Home/Rentrer au bercail de Louise Bourque (1 minute 15 secondes, 2000)

Les îles noyées

 
« La fameuse Atlantide n’existe plus, mais il n’est guère possible de douter qu’elle existât jadis. »
– Proclus (412-485)

« La vengeance est plus douce que le miel. »
– Homère (VIIIe siècle av. J.-C.)

Angie tira le rideau qui séparait l’arrière-chambre du bar à ongles, où elle mettait à profit son diplôme de l’École des beaux-arts en créant, chaque jour, des dizaines de chefs-d’œuvre miniatures. Le vernis et les paillettes avaient remplacé la peinture à l’huile ; de petits tableaux éphémères au bout des doigts d’inconnues, ses toiles à canevas.

– Tu voulais me voir, Brigitte ?, demanda-t-elle à sa patronne en pointant la tête entre deux pans de rideau.

Un petit ventilateur qui vrombissait sur le coin du bureau se tourna lentement vers elle, comme pour la saluer. Mais la brise moulinée était surtout destinée à la gérante de Fantasy Nails, qui pianotait sur sa calculette à bande avec des ongles on ne peut plus extravagants – le cordonnier était tout sauf mal chaussé. Sa poitrine plantureuse regorgeait sur le bureau ; le fait qu’elle pouvait même atteindre la machine posée devant elle, se dit Angie, relevait du petit miracle.

– Écoute, dearie, fit Brigitte sans lever la tête. Je t’aime bien, tu fais du bon boulot, t’as un œil d’artiste. Mais je viens de recevoir une plainte à ton sujet. Tu veux bien m’expliquer ce qui s’est passé ?
– Oui, enfin… une cliente voulait que je lui peigne une scène tropicale. Elle me donne carte blanche et… et…
Eeeeeeet ?
– J’ai peint un palmier sous l’eau. Le même, sur chaque ongle.
Brigitte haussa la tête d’un coup sec et cligna ses petits yeux de taupe auréolés de paupières bleu royal.
– Un palmier sous l’eau ? Whatthefuck  ?
Elle planta un ongle d’index dans une clairière de cuir chevelu, enfouie sous sa masse de crêpage blond platine tout droit sorti des années quatre-vingt, et se gratouilla nerveusement.
– J’ai peint ce qui m’inspire.
– Ce qui t’inspire  ? Écoute, je comprends que ton île natale a disparu. C’est plate, tragique, tout ce que tu voudras. Mais tu ne peux pas utiliser les ongles de nos clientes pour faire de l’agit-prop écolo.
– Elle voulait une scène tropicale. Je lui ai peint une scène tropicale.
– Une scène tropicale, c’est le palmier sur une plage dorée au bord de l’eau. Pas sous l’eau. C’t’une méchante différence.
– …
– Notre business, cocotte, c’est de vendre des p’tits bouts de rêves, un ongle à la fois, poursuit Brigitte en posant ses coudes sur le bureau et imbriquant une main dans l’autre pour souligner son sérieux. Imagine-toi, un instant, une mère monoparentale qui s’offre une manucure, un vendredi après-midi après une semaine de mârde au boulot. Elle n’aura jamais les moyens de se payer une semaine dans le Sud, so qu’est-ce qu’elle fait ? Elle fait venir le Sud sur ses ongles. Un petit goût de paradis, au bout des doigts.

Angie roula des yeux, agacée par la quétainerie de son discours.

Un petit téléviseur suspendu au plafond faisait passer une pub en sourdine. Un vendeur en surcharge pondérale se faufilait entre les rangées d’un concessionnaire d’autos d’occasion. Ses gesticulations dramatiques, amplifiées par le son coupé. Les mots « LIQUIDATION FINALE ! » et « PRIX IMBATTABLES ! » et « AUCUN CRÉDIT REFUSÉ ! » flashaient à l’écran en grandes lettres tapageuses.

*

Le Zodiac filait à toute vitesse sur les vagues. Des giclées d’écume éclaboussaient à intervalles les jeunes touristes assis dans le bateau pneumatique, provoquant des cris hilares.

Le bras brun enlacé de tatouages tribaux qui guidait le gouvernail du petit moteur Honda appartenait à Mojje Anej, quarantaine avancée, maigre comme un chicot, apatride. Il fixait un point imaginaire au large, perdu dans l’immensité du Pacifique, dont lui seul semblait connaître l’emplacement. Impossible de dire si ses yeux plissés l’étaient en raison de sa concentration ou bien du vent qui fouettait ses joues. À l’horizon, pas la moindre trace de terre ferme, même pas un goéland. Qu’une ligne saphir à perte de vue.

Deux amis suédois s’amusaient à fourrager dans une boîte d’équipement de plongée qui se trouvait à la proue du bateau. L’un vissa un masque à l’arrière de sa tête, comme pour se donner un visage chevelu de loup-garou. L’autre transforma un tuba orange en cigare, qu’il aspirait à grandes goulées théâtrales. Pendant ce temps, une jeune Française tenait une perche à selfie du bout d’un bras raidi au-dessus de sa tête et, la joue collée contre celle de son chum, se prenait en portrait en affectant une moue sulfureuse à la Justin Bieber.

– C’est tellement cool, s’écria un jeune touriste américain à un Allemand avachi contre le tube gonflé du bateau. Tu te rends compte qu’on est parmi les premiers à faire cette excursion ? C’est complètement hors des sentiers battus, on ne le retrouve même pas dans le Lonely Planet, man !
– Très cool. Nous sommes des pionniers de la mer, comme Jacques Cousteau, répondit-il d’un ton monocorde en décapsulant une petite flasque de whisky. Il en prit une rasade et l’offrit à l’Américain.
Le sourire de guide complice qu’affichait Mojje, depuis la poupe du bateau, trahissait le mépris profond qu’il ressentait à l’égard de ces jeunes pitres hédonistes.
Il coupa le moteur, faisant danser le Zodiac en silence sur les vagues, et se râcla la gorge.
–Bon les amis, nous voici. À quelques mètres au-dessous de nous se trouve mon ancien chez moi, l’atoll de Majuro des îles Marshall. Avalées par la montée du niveau de l’océan il y a deux ans. Mais ça, vous le saviez tous déjà.

*

Il y avait quelque chose de subaquatique dans la lueur bleuâtre de la télé dans laquelle baignaient les trois gamins, leurs petits doigts agrippés à leurs consoles de jeu vidéo.

S’ils pouvaient entendre la musique et les voix de la fête qui s’élevaient dans la cour-arrière du bungalow, ils faisaient mine de rien. C’est avec son coude qu’Angie ouvrit la porte coulissante qui menait directement au salon – essayant de ne pas renverser le plat d’assiettes et de verres vides qu’elle balançait entre ses mains, et morigéna ses fils et son neveu sur son passage vers la cuisine.

– Heille ! Ce n’est pas tous les jours que votre cousine fête ses un an ! Allez, sortez fêter son kemem avec elle. Dansez, sortez un peu au lieu de vous pourrir les cervelles avec ces cochonneries.
– Mais muuuum, on est presque rendus au dernier niveau !, pleurnicha Jerakoj, à huit ans, l’aîné de la bande.
– Ouais, on a presque sauvé la princesse de la tour !, renchérit Kami, de deux ans son cadet.
– Crois-moi, la princesse peut se démerder toute seule, comme un grande, rétorqua leur mère à voix haute depuis la cuisine, pour se faire entendre par-dessus l’eau du robinet avec laquelle elle rinçait une peau de poisson collée sur une assiette.
–Tante Angie, t’as dit “démerder” !, entonna le petit cousin Samy d’un ton outré.
– Oui, maintenant dé-mer-de-toi pour te lever du sofa, et sors danser un peu !
Les garçons pleurnichèrent, éteignirent la télé à contrecœur et trainèrent les pieds jusqu’à la cour-arrière.

Là, au son d’un ukelélé mal accordé, un maelstrom d’expatriés marshallais tournoyaient en liesse autour d’un axe : une bébé dodue, sa tête bouclée coiffée d’une tiare en plastique. Un filet de bave coulait du coin de sa bouche hébétée. Ses yeux médusés dansaient tantôt des chemises fleuries des fêtards à l’énorme ballon gonflé à l’hélium de Bob l’éponge qu’on avait amarré à sa petite chaussure, tantôt à la forêt de torches tiki qui illuminaient le jardin. Devant elle, une petite pataugeoire gonflable s’était peu à peu remplie, au fil de la soirée, de cadeaux et de billets d’argent.

Sur une longue table couverte d’une nappe cirée s’étalait un somptueux festin regorgeant du patrimoine culinaire qu’on retrouvait, jadis, sur les feues îles Marshall. Noix de coco, pandanus, fruit à pain, bananes plantain, poulet frit, côtes levées de porc, tarte aux noix de macadamia, sashimi et poisson-perroquet grillé. Le fait que ces aliments étaient, de par leur provenance d’un supermarché canadien, des imitations plus pâles – et moins fraîches – de leur version originale ne semblait déranger personne. Même qu’un invité avait mis sa main sur le cœur et se montra sincèrement touché lorsqu’il apprit qu’Angie s’était pliée en quatre pour dénicher le poisson-perroquet dans un aquarium d’animalerie de centre d’achats.

Car la provenance du festin qu’Angie et sa sœur avaient préparée à l’occasion de ce kemem, premier anniversaire de la petite Peinam, était accessoire. Le but de cette nourriture était avant tout social, un peu d’huile jetée sur le brasier de la mémoire d’un peuple déraciné.

Une vieille dame en gougounes remplissait son assiette en papier et adressa la parole à Jerakoj qui, le bras entrelacé autour d’une torche tiki, s’amusait à faire des tours comme Gene Kelly autour d’un lampadaire.

— Ô mais regarde-moi tout ça !, s’exclama la vieille. Dommage qu’il n’y ait pas de tripes de tortue, comme on en avait toujours dans les vrais kemems, aux îlesMais bon, on ne peut pas tout avoir. T’as déjà goûté à des tripes de tortue, p’tit ?
— Ewwww non, dégueulasse, marmonna Jerakoj tout en continuant à tourner en rond et en rond.

*

Ÿ— Je vous demanderais d’être respectueux lorsque vous plongerez, de ne rien toucher, fit Mojje en s’adressant à la flopée de touristes assis sur le bord du Zodiac.
Ils étaient tous en maillots et s’étaient glissés des palmes aux pieds, un masque et un tuba de snorkeling au front. Ils avaient les fourmis dans les jambes, et hâte de se lancer à l’eau.
– C’est un cimetière que vous explorez. Nos ancêtres y reposent, sans compter des gens qui ont refusé de quitter, il y a deux ans. Gardez ça en tête.
Hochements de tête, tristes mines feintes.
Un des Suédois leva la main pour poser une question.
– Je peux quand même filmer avec ma GoPro ?
– En ressens-tu absolument le besoin ?
– Oui.
– Vas-y alors, soupira Mojje d’un ton sec. Je ne suis pas ta mère.
Sur ce, il fit un petit signe de main – pas sans ressembler celui qu’on fait pour balayer une mouche – pour leur donner la permission de sauter à l’eau.

Les touristes semblaient soulagés de quitter l’ambiance pesante du bateau. Ils baissèrent leurs masques sur leurs nez, se jetèrent par dessus bord un à la fois. Série de sploutch en rafale.

Seul dans le Zodiac, Mojje alluma une cigarette et exhala la fumée lentement par ses narines.

Autour de lui, une dizaine de corps blancs flottaient sur le ventre à la surface de l’eau, une armadille de périscopes fluo. Leurs yeux, rivés vers l’immensité du silence de cette société submergée qui se révélait à eux morceau par morceau, comme les galeries d’un vaste musée aquatique.

À coups de palmes, ils survolèrent les toits en tôle des maisons recouverts de coraux, les autos rouillées par le sel de mer qui avaient été abandonnées sur la route principale, de cocotiers qui ondulaient dans les remous du courant.

L’Américain sortit sa tête de l’eau et, faisant du surplace en moulinant les bras et les jambes, interpella son voisin allemand.
– Marcus ! Viens voir ici ! Holy shit !
– Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-il.
– Ha, regarde ! Des cochons qui volent !
Il pointa vers un palmier, le tronc entortillé d’une corde. À son extrémité, deux squelettes de porcs – tout ce dont les charognards n’avaient pas envie – flottaient dans le vide.

Plus loin, le Suédois à la GoPro nageait au-dessus d’un petit cabanon situé dans la cour d’une maison. Des lianes d’algues vert bouteille tapissaient les murs des deux structures, comme s’il s’agissait de lierres grimpants. Des bancs de petits poissons jaunes zébrées zigzaguaient entre les fenêtres aux carreaux fracassés.

Du coin de l’œil, il aperçut ce qu’il croyait être une étoile de mer à la fenêtre du cabanon. Il s’y approcha en donnant quelques coups de palme. Ce qu’il vit à travers son masque le tétanisa au point où il oublia de respirer dans son tuba. L’étoile de mer, ornée d’une montre, était en fait la main écartelée d’un squelette. La main se prolongeait en un bras, qui se prolongeait à son tour en une épaule rattachée au corps d’un vieillard. Le squelette s’était endimanché d’un complet-veston noir, comme pour une occasion spéciale. Les poils d’une fine moustache et d’une couronne de cheveux gris dansaient autour d’un crâne lisse comme une mine marine. Un petit crabe émergea d’une orbite qui logeait autrefois un œil, se promena sur les mandibules avant de disparaître dans l’orifice nasal.

Le Suédois se ressaisit, ses doigts tripotèrent nerveusement la GoPro pour l’allumer. Il pointa le petit boîtier étanche qui renfermait la caméra vers sa trouvaille macabre. En s’y rapprochant à la nage il constata, depuis l’angle à laquelle il se trouvait, que l’homme était assis à une table. Devant lui, couverte de petits mollusques et crustacés, une Bible.

Derrière son masque, le Suédois n’entendait plus que le sang marteler ses tempes.

Mojje tira une dernière bouffée de sa cigarette et l’écrasa sur la tête du moteur. Il balaya l’horizon du regard, pour s’assurer que les jeunes touristes qui flottaient sur le ventre autour du bateau, dans un rayon d’une centaine de mètres, avaient tous le regard rivé vers le fond marin, vers Majuro la noyée.

D’un calme absolu, il se pencha pour récupérer une boîte en acajou caché sous son siège. Il l’ouvrit, en sortit un revolver muni d’un silencieux qu’il coinça sous l’élastique de son short, sous son débardeur. Pour ne pas faire de bruit, il prit la pagaie d’urgence et se mit à ramer en silence vers le premier plongeur qu’il vit, l’Américain. Mojje rapprocha le Zodiac le plus près possible de lui sans attirer son attention. Dans la banalité la plus totale, il se pencha par-dessus le côté du bateau, dégaina son pistolet et lui tira une balle dans l’arrière de la tête. Il pagaya nonchalamment vers le prochain, répéta le même geste, et ainsi de suite jusqu’à ce chaque membre du groupe fût fusillé. Comme ils flottaient tous le visage dans l’eau, aucun d’eux ne l’aura vu venir… à l’exception de la jeune Française. Elle aperçut du coin de l’œil un nuage de sang s’épandant autour de son chum qui, à l’instar d’un pantin désarticulé, coulait lentement sous l’eau. Prise d’une panique hystérique, elle leva la tête, seulement pour trouver la bouche du revolver de Mojje pointée sur elle. Elle n’eut même pas le temps de crier dans son tuba qu’elle reçût une balle dans le front.

Les corps de ces jeunes glissaient vers l’abîme comme un dentier sombrant au fond d’un verre. Autour du Zodiac, des volutes vermeilles se répandaient dans l’eau, s’enchevêtraient les unes aux autres.

Pantelant, Mojje s’effondra dans le bateau.

Il leva les yeux vers le soleil plombant, alluma une autre cigarette et savoura le goût exquis de la vengeance. Un sentiment d’assouvissement, de parfaite plénitude s’empara de lui. Son seul regret, se dit-il, était qu’il n’avait pas passé à l’acte plus tôt.

À ses yeux, ces jeunes incarnaient tous les pires excès, toute l’hypocrisie de l’Ouest. Ces pays pollueurs qui, pendant des années, sommet après sommet, se retrouvaient autour d’une table pour babiller et pondre des résolutions qui ne valaient pas le papier sur lequel elles étaient écrites. Qui enculaient des mouches avec des questions creuses du genre : Faut-il limiter la hausse de température à 1,5°C ou 2°C par rapport aux niveaux préindustriels ? 1,5, 2, 1,5, 2, 1,5, 2… Pendant ce temps, Mojje et sa famille érigeaient des digues de plus en plus hautes pour tenter de repousser l’eau. Mais elle monta, monta jusqu’au jour où elle inonda le cimetière et emporta avec elle les cercueils de ses ancêtres. Où l’eau salée suffoqua le taro et l’arbre à pain. Où il ne restait plus qu’à danser sur les toits.

Mojje tira sur le lanceur une fois, deux fois, et le moteur du Zodiac démarra en crachotant. Une odeur d’essence, mêlée de sel marin et de sang remplissait ses poumons et il sourit, le sourire d’un homme en paix avec lui-même. Le bateau traça un demi-cercle autour de la vaste tache pourpre, avant de s’enfoncer vers le large. Au loin, une nageoire dorsale qui déchirait la surface de l’eau fonçait droit vers le festin que Mojje laissait derrière lui.

*

Angie avait abandonné ses sandales à talon et savourait la sensation de pieds nus dans le gazon. Elle tournoyait sur place au fond de la cour, seule à danser au son de l’ukulélé qu’un cousin âgé assis sur une chaise pliable grattait d’un doigt noueux. La soirée tirait à sa fin, les invités étaient tous rentrés à la maison à l’exception de quelques traînards qui papotaient plus fort que d’habitude en raison de l’alcool dans leurs veines. La petite Peinam dormait dans son lit, le trio de garçons roupillait les uns sur les autres, avachis sur le divan.

Angie bougeait son corps lentement, les bras dans les airs, ses lourds bracelets en bois glissés jusqu’aux coudes. Elle dansait les yeux fermés, comme pour se remémorer l’odeur de la mer et l’infini de ce crépuscule, tangerine trempé de rose. Plus elle s’efforçait à s’y accrocher, plus les souvenirs fuyaient devant elle, insaisissables, des ombres évanescentes dans les dédalles de sa mémoire.

Oubliés, comme le robinet de la cuisine qu’elle avait omis de fermer. Un barrage d’assiettes avait fait déborder l’évier. L’eau ruisselait le long de l’armoire et, sournoise, inondait le carrelage.

 

Paul Ruban

Texte publié dans le No 13. Fragments d’humanité