Theresa Mea. Pile de face

Photo : Jocelyne Vautour

J’suis quequ’part partout
N’importe quand jamais
Ici et là et à côté
Au lever assise
Au coucher debout
Penchée parallèle
En perpétuel pendiculaire

J’suis Verseau recto
Zigzaguant linéaire
Point fixe fuyant
Rond tout le long
Zoomant in zoomant out
Dans ta face à tout bout de champ
Mirage
À l’horizon

Je descends en amont
En partance pour Provenance
À Tombouctou chez nous
Tombant pile sur deux faces
Qui s’effacent se profilent se faufilent
Au terminus
En boucle

J’me cale m’embourbe
Déborde d’eaux troubles
Profondes
Au clair de brume

Cristal de ruisseau
Smog urbain
Wow j’me ressemble comme
Deux gouttes
De rien

T’es tic-tac-to en X O X
À tout coup Bonhomme pendu
J’suis Humpty Dumpty Bungee
Le Chat botté amputé

Tu ne m’auras pas
Whatever que j’suis
J’suis roche papier sosie
Pourquoi pas passionnée
D’être parfaitement paumée
De rire jaune en colère rouge
D’un tendre vert amer

Venez pommes mêlées d’oranges
Enveloppées de zeste au cœur des pépins
Couronne de fleurs ou tresses de ronces
C’est bonnet blanc ou blanc bonnet

Bluesant de joie swinguant morose
Je biplane d’entourloupettes
Qui s’entrefugent et s’entrepètent
Plus haut que mon creux
Béant

J’suis le Supposé suppositoire
Rebroussant chemin
Chemin faisant
Cul-de-sac
Bouche-trou
Néant

J’suis Votre-Dame-Façades-en-flammes
Jeu d’ombres et de lumières
Droit d’asile dans ma muraille
Carillon de clocher croulant

J’suis Grâces à toi
Mon autre moi
Mais Miroir
Dis-moi
Si je suis
Vraiment

 

Theresa Mea
Texte publié dans le No.22 Libéré(e)s sur parole : la récidive