Jean Babineau. Les I don't

Frédéric Gayer, Seuls dans la ville 7, sérigraphie, 2021. Format : 30 X 40 cm sur papier Somerset.

4 sur 8

            Les I don’t… ont trouvé la formule magique pour fuir l’embarras. Avec la formule I don’t… les I don’t… éloignent d’eux l’effort de se mettre dans la bouche tout ce qu’ils ont laborieusement appris dans leurs cours pré-intensifs, intensifs et post-intensifs de Core French qui leur aurait donné la chance d’atteindre la moelle de la langue française, compliquée à tout défaire les esprits les plus braves et mieux formés. Elle prend de nombreuses années d’apprentissage. L’approche des I don’t… est donc admirable, car il est certain que cette langue étrange, suppliciée par l’Académie française, peut corrompre leur propre langue, si simple, qui a évoluée avec l’usage et qui n’a pas été corrompu par une académie de bols quelconque. Chez plusieurs anglophones, cette peur est facilement compréhensible, car les Anglais et les Français se sont amplement chicanés et abattus comme des Chicanous pendant des siècles. Il faudrait trouver l’individu qui a premièrement eu l’idée de verbaliser cette formule I don’t… et lui donner un prix de haute distinction. Puis nous devrions forcer tous les locuteurs de toutes les langues de notre chère planète Terre à l’utiliser constamment à chaque rencontre, puisque c’est évident que c’est la seule façon d’atteindre la Paix ici-bas. Ainsi, tout le monde s’occuperait simplement de ses propres affaires.

 

Jean Babineau

Texte publié dans le No. 29 Éloge (paradoxal)