Stephanie David. I'm a Cape Bretoner, baby !

I’m a Cape-Bretoner, baby !
J’viens du Cap-Breton
Pis j’parle en frança’ ça s’adounne, imaginez-vous.

Moi je suis « hors-Québec ».
Qui peut m’engager, c’est toujours une drôle de questiagne, ça d’l’air,
Pis si tu vis pas dans la même province, guerre !

À part que si tu viens d’ailleurs.

Même si que tu viens de là
Pis que tu voudras être là par bouts,
C’est pas assez.
« De toute façagne, tu viens d’icitte,
Ça intéresse pas. »
C’est du passé ?
« On aime mieux en engager d’ailleurs,
Qu’ils aient d’la place à s’pratiquer
À s’déployer. »

Je suis femme.
Je suis « minoritaire » par bouts.
À m’faire dire que j’devrais m’assir pis tcheind’ trantchille
Ma’ pas trop longtimps,
Bescqueure ça c’est paresseux.
À me faire dire de m’taire,
à longueur de journée
… drôle pareil que j’ai passé la motché d’ma vie à raconter.
C’est pas bagne assez.

Je suis… bilingue.
Plus smarte ? Bounne questiagne.

Je suis Métisse.
Une Acadienne ayant des ancêtres mi’kmaw.
Mais j’sus pas assez « native » pour raconter certaines histoires
Même si mon désir ce serait de raconter les deux /// trois bords
Pas yinque juste y’in
Ni plus y’in qu’in aut’
Bescqueure justemint coumme j’dis,
Que trois-quarts du timps, le monde prennent pas le timps d’essayer d’se comprend’ anyway.
Surtout pas les Anglais, j’allais dire ;
mais encore
Sorry

Ma’ j’crois que les Autochtones pis les Acadiens, on éta’ proches,
on s’comprenna’,
on éta’ ensemb’,
on éta’ amis.
J’en suis la preuve, j’ose dire.
Ou j’préfère de crouaire, toujours ben.

Pis y’a du Gaelic de mêlé dans moi, d’l’Irlandais, d’l’Écossais, d’l’Italien, du Basque,
Et pis d’aut’ choses a’core, j’sus sûre.
En tout cas, une vra’ mutt j’coben.

J’me d’mande quoi ça va prend’
Pour que l’monde s’écoute pour de vra’
Qu’ils essaient de s’comprend’
De s’mett’ dans les souliers d’l’aut’

J’me d’mande quoi ça va prend’ avant qu’on pense au monde coumme in total.
Tout affecte tout
Tout aide tout
Tout détruit tout
Tous nos choix comptent
Même si on n’s’en rend pas compte su l’coup
Ça vaut la peine d’essayer
Pis de rêver
J’crois.

Ça s’peut, j’fa’ pas d’arrime, ma’
Quoice qu’est mieux ?
-Pour tout l’monde ?
Ben j’sais pas.
J’sus pris chenous.

Ma’ j’ava’ du fun à vous entend’
À vous parler
À rire pis jongler
Une danse ou deux, in blues ou deux,
Des shakers en main
Des fois on s’surprind
Pis c’est-ti pas aussi ben ?

Anyways,
C’t’en masse pour astheure j’coben.
J’vous aime ben
Pis vous êtes bien capab’ pareil, j’vous dis.
Au plaisir j’espère, de s’ercrouaiser
But eh, I’m ok.
J’crois.

Yinque de même
Quand une parsounne se fa’ nier de s’déployer,
de s’partager,
d’apprendre,
de grandir, comme elle est ;
Y’a plus que juste yelle qui perd,
J’vous dis.

Ben moi, j’vous souhaite la vie.

Stephanie David
Œuvre publiée dans le Numéro 28. Phonésie