Camille Bérard. Descente

Les battements des ailes du papillon effleurent ma peau.
Ton souffle : froid.
Des formes qui trompent mes yeux : je les vois.
L’illusion de la matière me permet de respirer :
Une respiration faible,
Fausse.

La terre tremble
De plus en plus fort.
Le papillon vole ;
Ses ailes grandissent,
De plus en plus grand.

Que tombe la pluie !

Une fine couche de givre sur mon visage,
Un masque flou couvrant ma perception du monde.
Pourtant, je vois :
Je vois le miroitement arc-en-ciel dans tes yeux,
Les fenêtres de ton âme ;
Ton âme.

Le papillon vole un peu plus bas,
L’eau perle sur ses ailes,
Il se sent lourd,
Il s’affaiblit,
Il tombe,
Il a froid.
Ses ailes gelées :
Il désespère,
Il a peur.

Ton souffle cesse,
Ses ailes se cassent,
La sensation de ton touché sur ma peau : je l’oublie.

Le papillon est mort.

Camille Bérard
Œuvre publiée dans le Numéro 28. Phonésie