Joannie Thomas. On reçoit du monde à souper

Photo : Jérôme Luc Paulin

on reçoit du monde à souper
je me maquille
pour cacher la fatigue
la tristesse
d’une vie qui n’est pas la mienne
mais que je choisis
jour après jour
dans la haine de moi-même
et la peur de l’autre

on fera comme si
tout est parfait
il fera rire la visite
je ne dirai rien
j’ai appris à me taire

j’ai pourtant du sang sur les doigts
mon sang
j’ai vu les cadavres
dans la pièce qu’il ne faut pas ouvrir

j’ai mon sang sur les mains
l’éveil n’est pas loin

 

Joannie Thomas
Texte publié dans le No. 23 iskwêwomxn