Emma Haché. Marelle

Parce que la soif
était plus grande que nous
nous mordions nos poings
en attendant de pouvoir
nommer le monde
Vint le moment
où l’on nous apprit
comment agencer les mots et les choses
visibles et invisibles
C’était déjà la première frontière
entre nous et le réel
entre nous et la vérité
Il m’a semblé
enfermer toutes ces relations au monde
dans de toutes petites boîtes
sans musique
sans couleurs
J’essaie depuis
de jouer avec les mots
de les tordre
les étirer
pour en briser
les limites attendues
et les offrir aux autres ainsi dévêtues
Avancer
comme dans un jeu
en jetant la pierre
qui ouvre le chemin
Ne pas se perdre
Ne pas perdre l’équilibre
de toutes mes forces données
Pouvoir
comme l’eau
pure et limpide
élargir les cercles
de mes identités

Emma Haché
Texte publié dans le No.23 iskwêwomxn